14/09 - Paris

Matinée professionnelle « Quelle esthétique pour la ville en transformation? »

9h30 – 9h50
Emmanuel Gregoire, Premier Adjoint à la Maire de Paris, chargé de l’urbanisme, de l’architecture et du Grand Paris
Qu’est-ce que l’esthétique d’une ville en permanente évolution  ?  Comment accompagner le nouveau et accompagner les évolutions nécessaires, l’entretien et les expérimentations dans une ville ancienne

9h50 – 10h15 :
Francois DeCoster
, Architecte-urbaniste, L’AUC
Regine Charvet Pello, Designer, RCP
Les grands chantiers urbains La Part Dieu, et la reconfiguration de Tours par son Tramway préfiguration, accompagnement, information

10h15 – 10h30
Patrick Jouin, Designer
La place du mobilier urbain et des équipements temporaires dans l’identité des villes : vision, culture, et design.. comment évoluer tout en s’inscrivant dans «l’esprit des villes»

10h30 – 10h55
Isabelle Daeron, Designer
Caroline Naphegy, Directrice, POC LIlle
Expérimenter : ville, paysage, climat et situations sociales … comment faire préexister des propositions pour répondre à de nouveaux enjeux ?

matinée animée par 

Jean-Louis Frechin, Designer Nodesign

 

 

Le chantier est une figure urbaine aussi invasive que nécessaire. Et parce que la ville vieillit, qu’elle doit s’entretenir et s’adapter au changement climatique, ces moments semblent désormais plus fréquents et plus nombreux. Au 1ermai 2022, Paris compte 6285 chantiers actifs. Engagés par la Ville (705), des opérateurs de réseaux (1801), des tiers pour des travaux sur bâtiments (3779), nombre de ces opérations investissent la voirie dans des aménagements incertains entourée d’habits bigarrés. Suffisamment voyants pour prévenir, lourds pour être juste posés, spontanés pour parer au plus pressé, gauches car éphémères, génériques par facilité, sales car pas entretenus, mais aussi parfois logotés pour promouvoir, colorées pour divertir, irréguliers par facilité, fragiles car passagers… ces appendices s’imposent de façon bruyante, contrastée et désordonnée.

Entre la permanence de l‘existant et la qualité des aménagements de demain, le temps de la transformation incarne pour beaucoup un des pires maux de la ville et l’agression du paysage devient aussi honnis que les désagréments d’usages. L’étude « Quelle esthétique pour la ville en transformation ? », menée par l’agence Nodesign, explore ce moment singulier de la métamorphose pour essayer d’en comprendre la nature et les enjeux. L’enquête photographique cherche dans les situations réelles à répertorier les différentes formes et objectifs de ces mobiliers qu’ils s’installent au milieu de la chaussée, le long des caniveaux, sur les trottoirs et même en façade. Elle permet alors de les classer pour mieux les analyser, rappelant la diversité des situations. Ainsi le temporaire ne dure qu’un temps limité ; le transitoire permet le passage d’un état à un autre ; le provisoire existe en attendant d’être remplacé ; la préfiguration figure ce qui va advenir ; l’exceptionnel répond à une situation remarquable ; l’expérimentation reste un essai mesuré. La mise en regard de pratiques internationales vertueuses et de cas parisiens ouvre aussi un champ de possibles pour d’autres mobiliers et d’autres pratiques. Cette étude dresse alors des pistes d’amélioration parisiennes simultanément sur les process et les mobiliers, sur les cahiers des charges et les matières pour passer du sauvage à l’harmonie, de l’initiative individuelle au vocabulaire commun.

Car l’enjeu est tant l’information que l’adhésion. À la fin du XIXe siècle, alors que la capitale vit son plus important bouleversement urbain, certains conscients de l’impact du temps de la transformation, imaginent la scénographie des chantiers haussmannien pour expliquer et mettre en scène le projet de ville et permettre à chacun de s’approprier les transformations. Ainsi sont envisagés de larges projecteurs pour éclairer les terrassements et les rendre visibles et attractifs y compris la nuit. Et, pour rendre l’effort plus spectaculaire, des éléphants sont imaginés pour évacuer les déblais comme en témoigne cette gravure. Les questions pratiques et de coûts premières en particulier pour les excavations, sont reléguées au second plan pour mettre en scène l’effort, dépasser les désagréments et emporter l’adhésion des Parisiens. Projet de papier mai témoignage d’un possible, c’est aussi l’ambition de cette étude sous la direction de Jean-Louis Frechin et de ces équipes que de réinterroger le potentiel des aménagements temporaire pour faire de ces moments les témoins du temps présent et des projets à venir, pour faire de l’incertitude du chantier une des réalités les plus stimulantes de la ville contemporaine.

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INFORMATIONS
Matinée professionnelle mercredi 14 septembre à 9h30 au Pavillon de l’Arsenal
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Manifestation réalisée à l’occasion de la publication de l’étude « Quelle esthétique pour la ville en transition »Recherche menée sous la direction de Jean-Louis Frechin, Designer Nodesign, dans le cadre de l’accélérateur de projets innovants FAIRE** FAIRE accélérateur de projets architecturaux et urbains innovants lancé par le Pavillon de l’Arsenal avec la Ville de Paris et le soutien de la Caisse des dépôts, MINI et EDF
Organisé par
Pavillon de l'Arsenal , FAIRE

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