© Pierre L'Excellent
5/09 > 17/09 - Paris

Matière vivante – Back to dirt, Carreaux de carton, Wool Wall

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Par la matière qui le compose, par sa forme, son caractère ornemental et ses processus de fabrication, l’objet de design, bien qu’inanimé, a le pouvoir de porter en lui les systèmes vivants dont il est issu. Il cherche des solutions aux défis qui s’imposent à notre environnement bâti, des alternatives à l’épuisement des ressources, des moyens de diminuer son empreinte carbone. En travaillant à réduire l’impact énergétique des processus de production (en évitant les processus de cuisson par exemple), et en cherchant le potentiel technique et esthétique de matériaux issus d’une matière organique disponible, trois projets de design trouvent un compromis pour parler de tissus vivant, avec des objets inanimés.

 

Mis au point par Aléa, Matérial Studies, et Pavillon Noir avec César Bazaar, chacun de ces prototypes cherche à concevoir avec ce qui est disponible, ressource organique ou recyclée, en interrogeant le processus de fabrication et son résultat formel.

 

Porteur du projet Wool Wall, le designer Marlone Bagnou Beido envisage l’isolation, élément impératif d’une réduction globale de la consommation de chauffage, comme un élément typologique architectural à part entière. Sous forme de panneau mural ou de colonne autour de laquelle se réunir, il tire parti des propriétés hygroscopiques de la laine garantissant un air peu humide. Sa surface en textile permet de penser des interactions innovantes, tandis que les sangles, dans un premier temps structurelles, créent l’opportunité d’usages variés : accrochage de photos, passage de réseaux… Monté en 1 heure, in situ pendant le temps du chantier, les éléments en bois, l’ossature et l’âme du panneau, peuvent être préfabriqués en atelier, l’assemblage ne nécessitant que quelques outils manuels.

 

En utilisant le sol comme moule accueillant des cultures de mycelium, structure racinaire des champignons, les designers Mirim Josi et Stella Lee Prowse, fondatrices du studio Aléa, créent un processus de production bio-inclusif, intégré dans son environnement. Cette fabrication permet de contourner les conditions de myco-fabrication traditionnelles comme la stérilisation, l’énergie supplémentaire, les moules plastiques… pour se concentrer, au delà de l’objet de design fini, sur la capacité du mycelium à décontaminer les sols et à contribuer à la biodiversité.

 

En recyclant le papier, matériau abondamment produit, et issu de la décomposition de fibres végétales, les carreaux de carton développés par Aude Le Stum et Nicolas Bellet, architectes fondateurs de l’agence Pavillon Noir Architectures, avec César Bazaar, créateur, ingénieur de formation, réinterprètent les carreaux de ciment de façon durable. Ils conservent l’usinage d’un carreau de ciment traditionnel et remplacent la couche de mortier par un mélange de papier. Ce processus s’inscrit dans une volonté de limiter l’impact environnemental de la production mondiale de papier, en lui donnant une seconde vie, tout en limitant la quantité de ciment nécessaire. Ces premiers carreaux sont composés à 60% de papier, et sont 40% plus légers que leurs homologues fabriqués entièrement en ciment. D’une résistance à la compression similaire au béton, ils est résistent au feu et possède des propriétés d’isolation thermique et acoustique intéressantes.

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